Les salaires minima et la valeur du point de la pharmacie d’officine

Grille de salaires pharmacie d’officine 2026 : valeur du point à 5,278 euros, minima par coefficient, extension, coefficients sous le Smic.
Mains empilant des pièces de monnaie : les salaires minima et la valeur du point de la pharmacie d'officine
Les salaires minima de la pharmacie d’officine sont fixés par un accord de branche qui détermine la valeur du point et le salaire garanti au coefficient 100, dont découle une grille par coefficient. La grille en vigueur résulte d’un accord du 19 janvier 2026, qui fixe le point à 5,278 euros de l’heure et s’applique à toutes les officines depuis le 17 avril 2026, date de publication de son arrêté d’extension. Depuis la revalorisation du Smic au 1er juin 2026, les minima des coefficients 100 à 160 sont toutefois inférieurs au salaire minimum légal. Le titulaire doit donc vérifier, pour chaque salarié, à la fois le minimum de son coefficient et le Smic.

1. L’accord du 19 janvier 2026 relatif aux salaires

1.1. La valeur du point et le coefficient 100

La convention collective nationale de la pharmacie d’officine du 3 décembre 1997 (IDCC 1996), conclue entre les organisations de pharmaciens titulaires et les syndicats de salariés et étendue, c’est-à-dire rendue obligatoire pour toutes les officines par arrêté du ministre chargé du travail, fixe le cadre de la grille des salaires. Elle prévoit que la grille est établie en fonction de la durée légale de 151,67 heures par mois, du salaire du coefficient 100, de la valeur du point et des coefficients hiérarchiques de chaque emploi (CCN pharmacie d’officine art. 8, 1).

Le coefficient est le nombre attribué à chaque emploi et échelon par la classification des emplois de la pharmacie d’officine. La valeur du point, exprimée en euros de l’heure, sert à convertir ce coefficient en salaire minimum.

L’accord du 19 janvier 2026 fixe la valeur du point « à 5,278 euros de l’heure » et le salaire mensuel garanti au coefficient 100, « excluant toutes primes », à 1 824 euros bruts pour 35 heures par semaine (Accord du 19-1-2026 art. 1er et 2).

Les montants de sa grille « constituent les salaires minima hiérarchiques » au sens du Code du travail (Accord du 19-1-2026 art. 3). Dans cette matière, la convention de branche prévaut sur l’accord d’entreprise, sauf garanties au moins équivalentes (C. trav. art. L. 2253-1).

1.2. L’extension et la date d’effet

L’extension est l’arrêté par lequel le ministre chargé du travail rend un accord obligatoire pour toutes les entreprises de son champ, adhérentes ou non d’une organisation signataire (C. trav. art. L. 2261-15). L’accord du 19 janvier 2026 a été étendu sans réserve par arrêté du 2 avril 2026, publié au Journal officiel du 17 avril 2026.

Il prend effet « à compter de la date de publication au Journal officiel de son arrêté ministériel d’extension » (Accord du 19-1-2026 art. 4). Sa grille s’applique donc à toutes les officines depuis le 17 avril 2026, sans effet antérieur, même pour les adhérents des organisations signataires.

Jusqu’au 16 avril 2026, la grille applicable était celle de l’accord du 10 mars 2025, en vigueur depuis le 24 mai 2025, avec un point de 5,215 euros et un coefficient 100 à 1 802 euros. Elle ne sert plus que pour les rappels de salaire portant sur cette période.

Au 30 octobre 2026, aucun accord de salaires postérieur ne figure dans la base officielle des conventions collectives et aucun avis d’extension d’un tel accord n’a paru au Journal officiel.

2. La grille par coefficient

2.1. Le mode de calcul

L’accord publie une grille qui « comprend une courbe de raccordement entre les coefficients 100 à 240 exclu » (Accord du 19-1-2026 art. 3). Il ne détaille pas sa formule, mais les montants publiés se retrouvent au centime par le calcul suivant.

À partir du coefficient 240, le minimum mensuel est égal au coefficient multiplié par la valeur du point et par 151,67 heures, divisé par 100. En deçà, les montants progressent de façon linéaire entre les 1 824 euros du coefficient 100 et les 1 921,23 euros du coefficient 240. Seuls les montants publiés font toutefois foi.

2.2. Les principaux minima depuis le 17 avril 2026

Pour un temps plein de 151,67 heures, la grille fixe notamment les minima mensuels suivants :

  • coefficient 100 (agent de nettoyage) : 1 824,00 euros ;
  • coefficient 130 (rayonniste, 1er échelon) : 1 844,84 euros ;
  • coefficient 150 (élève préparateur de 1re année, employé qualifié de 1er échelon) : 1 858,73 euros ;
  • coefficient 165 : 1 869,14 euros ;
  • coefficient 175 (aide-préparateur) : 1 876,09 euros ;
  • coefficient 200 (conseiller clientèle, 1er échelon) : 1 893,45 euros ;
  • coefficient 250 (préparateur, 1er échelon) : 2 001,29 euros ;
  • coefficient 300 : 2 401,54 euros ;
  • coefficient 330 (statut assimilé cadre) : 2 641,70 euros ;
  • coefficient 400 (cadre) : 3 202,06 euros ;
  • coefficient 470 (pharmacien adjoint, 1er échelon) : 3 762,42 euros ;
  • coefficient 550 : 4 402,83 euros ;
  • coefficient 600 : 4 803,09 euros ;
  • coefficient 800 : 6 404,11 euros (Accord du 19-1-2026 art. 3).

Les grilles propres aux coefficients des préparateurs en pharmacie et aux pharmaciens adjoints s’inscrivent dans ce même barème.

3. Les coefficients inférieurs au Smic

3.1. Le constat depuis le 1er juin 2026

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est de 12,31 euros de l’heure depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 euros par mois pour 35 heures (Arrêté du 22-5-2026 art. 1er). Par comparaison, les minima des coefficients 100 à 160 lui sont inférieurs, de 43,02 euros au coefficient 100 à 1,35 euro au coefficient 160. Le premier coefficient dont le minimum dépasse le Smic est le coefficient 165.

Sont ainsi concernés, notamment, l’agent de nettoyage, le manutentionnaire, le magasinier-emballeur, le rayonniste, l’employé en pharmacie jusqu’au 3e échelon, l’employé de comptabilité, l’employé administratif de 1er échelon, le livreur et l’élève préparateur (CCN pharmacie d’officine annexe I art. 1er).

3.2. Les conséquences pour le titulaire

La convention garantit le minimum de chaque catégorie « sous réserve du respect du salaire minimum de croissance » (CCN pharmacie d’officine art. 8, 1). Le salarié dont l’horaire atteint la durée légale perçoit, s’il n’est pas apprenti, une rémunération mensuelle minimale égale au produit du Smic par le nombre d’heures correspondant à cette durée (C. trav. art. L. 3232-1 et L. 3232-3). Lorsque le salaire horaire contractuel d’un salarié âgé de 18 ans révolus est inférieur au Smic, l’employeur lui verse un complément pour l’y porter (C. trav. art. D. 3231-5).

Le titulaire doit donc payer au moins 1 867,02 euros à un salarié majeur à temps plein, hors apprenti, classé de 100 à 160. Le minimum conventionnel reste néanmoins la référence des calculs qui s’y rapportent, comme la prime d’ancienneté ou, sous réserve des minima légaux plus favorables, la rémunération des jeunes en formation, exprimée en pourcentage de ce minimum.

Lorsque le minimum national des salariés sans qualification est inférieur au Smic, les organisations de la branche doivent se réunir pour négocier sur les salaires (C. trav. art. L. 2241-10). Il est dès lors recommandé au titulaire de surveiller la publication d’un nouvel accord et de son arrêté d’extension.

4. Les éléments qui s’ajoutent au minimum

Le minimum du coefficient s’entend hors primes. La prime d’ancienneté, de 3 % à 15 % du minimum du coefficient, ne doit pas être prise en compte pour vérifier que le salarié perçoit ce minimum (CCN pharmacie d’officine art. 11). Les primes de l’article 8, quant à elles, ne se confondent pas avec le salaire de base et figurent sur une ligne spécifique du bulletin (CCN pharmacie d’officine art. 8).

Pour la comparaison avec le Smic, en revanche, le salaire horaire retenu comprend les avantages en nature et les majorations ayant le caractère de fait d’un complément de salaire, à l’exclusion des remboursements de frais, des majorations légales pour heures supplémentaires et de la prime de transport (C. trav. art. D. 3231-6).

Les autres éléments conventionnels, exprimés en multiples de la valeur du point, évoluent avec elle. C’est le cas des primes des salariés de l’officine liées à un CQP, aux préparations ou au remplacement du titulaire, qui relèvent de la classification et de la rémunération dans l’officine.

Enfin, l’indemnité forfaitaire annuelle pour frais d’équipement, due après 12 mois de présence, est de 92 euros depuis le 1er janvier 2026, montant obligatoire pour toutes les officines depuis le 17 avril 2026 (Accord du 19-1-2026 frais d’équipement art. 1er et 2 ; CCN pharmacie d’officine art. 9).

Xavier Berjot, avocat associé, Cabinet SANCY Avocats. État du droit au 30 octobre 2026.

Une situation à clarifier ?

Le premier échange est gratuit. 30 minutes pour comprendre votre situation, identifier les enjeux et vous orienter. Sans engagement.