Les salaires minima des ETAM et des cadres du BTP

Salaires minima des ETAM et cadres du BTP en 2026 : barèmes régionaux des ETAM, minima annuels des travaux publics, forfait jours et cadres du bâtiment.
Table à dessin et lampe d’architecte en noir et blanc : les salaires minima des ETAM et des cadres du BTP
Les salaires minima des ETAM et des cadres du BTP, c’est-à-dire du bâtiment et des travaux publics, dépendent à la fois de l’activité de l’entreprise et de la catégorie du salarié. Les employés, techniciens et agents de maîtrise, dits ETAM, relèvent de barèmes régionaux, mensuels dans le bâtiment et annuels dans les travaux publics. Les cadres des travaux publics bénéficient d’un barème national annuel étendu, majoré pour les cadres en forfait jours, alors que les minima des cadres du bâtiment résultent de textes non étendus. Dans tous les cas, l’employeur doit identifier le texte applicable, vérifier son extension et le comparer au salaire minimum interprofessionnel de croissance.

1. Les salaires minima des ETAM du bâtiment

1.1. Des barèmes mensuels régionaux

Les employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) du bâtiment relèvent de la convention collective nationale du 12 juillet 2006 (IDCC 2609), étendue par arrêté du 5 juin 2007. Elle prévoit que les barèmes de salaires minimaux sont négociés au moins une fois par an à l’échelon régional, pour un horaire mensuel moyen de 151,67 heures ou 35 heures en moyenne sur l’année (CCN ETAM du bâtiment art. 3.2.2). Les ETAM sont appointés au mois, sans variation selon le nombre de jours travaillés (CCN ETAM du bâtiment art. 3.2.1).

Chaque barème attribue un minimum à chacun des huit niveaux de la classification, de A à H. Le niveau du salarié, qui commande son minimum, résulte de la classification des ETAM et des cadres du BTP. Pour l’ETAM soumis à une convention de forfait en jours, ce minimum est majoré de 15 % (CCN ETAM du bâtiment art. 4.2.9).

1.2. Deux exemples de barèmes 2026

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’accord du 6 juillet 2026, étendu par arrêté du 13 octobre 2026 (JORF du 16 octobre 2026), fixe les minima mensuels applicables à compter du 1er septembre 2026 : 1 900,00 euros au niveau A, 1 998,20 euros au niveau B, 2 142,40 euros au niveau C, 2 363,85 euros au niveau D, 2 554,40 euros au niveau E, 2 853,10 euros au niveau F, 3 110,60 euros au niveau G et 3 409,30 euros au niveau H (Accord PACA ETAM du 6-7-2026).

En Normandie, l’accord du 10 février 2026, étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 10 mai 2026), fixe les minima applicables à compter du 1er avril 2026 : de 1 833,19 euros au niveau A à 2 324,55 euros au niveau D, puis 2 493,65 euros au niveau E, 2 763,06 euros au niveau F, 3 082,36 euros au niveau G et 3 386,15 euros au niveau H (Accord Normandie ETAM du 10-2-2026). Pour les entreprises qui n’adhèrent pas à une organisation signataire, ces barèmes ne s’imposent qu’à compter de la publication des arrêtés d’extension, soit le 16 octobre 2026 en PACA et le 10 mai 2026 en Normandie (Arrêté du 13-10-2026 art. 4 ; Arrêté du 4-5-2026 art. 3).

Depuis le 1er juin 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est fixé à 12,31 euros l’heure, soit 1 867,02 euros bruts par mois pour 35 heures hebdomadaires selon la notice de l’arrêté, qui retient 35 heures sur 52 semaines réparties en 12 mois (Arrêté du 22-5-2026 art. 1er). Le minimum normand du niveau A lui est inférieur de 33,83 euros : l’ETAM de ce niveau doit donc percevoir au moins le Smic. D’autres régions ont conclu des accords en 2026 ou fin 2025, notamment l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie, la Bretagne et les Hauts-de-France ; le barème applicable est celui de la région de l’établissement.

2. Les salaires minima des ETAM des travaux publics

2.1. Des minima annuels régionaux

Les ETAM des travaux publics relèvent d’une convention distincte du même jour (IDCC 2614), étendue par arrêté du 15 juin 2007, qui renvoie la rémunération à son annexe VI (CCN ETAM des travaux publics art. 3.1). Les minima y sont fixés par des accords régionaux annuels, distincts de ceux des ouvriers des travaux publics, conclus pour 2026 dans la plupart des régions, notamment en Île-de-France, dans le Grand Est, les Hauts-de-France, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine.

À la différence du bâtiment, ces minima sont exprimés en montant annuel.

2.2. L’exemple de l’Île-de-France

L’accord régional du 16 janvier 2026, étendu par arrêté du 2 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026), augmente les minima de 1,2 % et fixe, pour 35 heures par semaine, les salaires minima annuels suivants : 23 545 euros au niveau A, 25 372 euros au niveau B, 27 185 euros au niveau C, 29 847 euros au niveau D, 33 260 euros au niveau E, 37 255 euros au niveau F, 39 628 euros au niveau G et 40 624 euros au niveau H (Accord Île-de-France ETAM TP du 16-1-2026). Il précise qu’aucun salaire ne peut être inférieur au Smic.

Les ETAM des niveaux F à H soumis à un forfait en jours relèvent d’un barème distinct : 42 843 euros au niveau F, 45 572 euros au niveau G et 46 718 euros au niveau H. Le minimum du niveau A dépasse de 1 140,80 euros le montant annuel du Smic, soit 22 404,20 euros pour 1 820 heures (35 heures sur 52 semaines) à 12,31 euros.

3. Les salaires minima des cadres du BTP

3.1. Les cadres des travaux publics

Les cadres des travaux publics relèvent de la convention collective nationale du 20 novembre 2015 (IDCC 3212), étendue par arrêté du 5 juin 2020. Leurs minima sont fixés par un barème national annuel. Le dernier accord publié à la date du 7 novembre 2026 est celui du 14 novembre 2023, étendu par arrêté du 21 février 2024 (JORF du 16 mars 2024), applicable depuis le 1er janvier 2024 (Accord du 14-11-2023 art. 1er). Il fixe les minima annuels suivants :

  • position A1 : 33 257 euros, et A2 : 36 066 euros ;
  • position B : 37 627 euros, B1 : 40 566 euros, B2 : 43 269 euros, B3 : 44 368 euros et B4 : 47 430 euros ;
  • position C1 : 49 414 euros, et C2 : 57 592 euros.

Pour le cadre en forfait annuel en jours, le minimum conventionnel de sa position est majoré de 15 % (CCN cadres des travaux publics art. 3.3.5). L’accord de 2023 en tire une grille distincte, de 38 245 euros en position A1 à 66 230 euros en position C2 (Accord du 14-11-2023 art. 2).

Aucun accord de salaires pour 2025 ou 2026 n’apparaissant publié, ces montants restent la référence. Il est dès lors recommandé de surveiller la publication d’un nouvel accord, qui pourrait prévoir une revalorisation à une date antérieure à son extension.

3.2. Les cadres du bâtiment

La convention collective nationale des cadres du bâtiment du 1er juin 2004 (IDCC 2420) renvoie la classification des cadres à la convention collective nationale du 30 avril 1951 concernant les appointements minima des ingénieurs et cadres du bâtiment (CCN cadres du bâtiment chapitre III.1). Selon leur présentation sur Légifrance, ni la convention de 2004 ni celle de 1951 n’ont été étendues ; la seconde ne vise d’ailleurs que les entreprises adhérant aux organisations patronales signataires (Convention du 30-4-1951 art. 1er).

Ces minima sont revalorisés chaque année par avenant. Le dernier, l’avenant n° 78 du 19 janvier 2026, signé par la Fédération française du bâtiment (FFB) et quatre organisations syndicales, s’applique depuis le 1er février 2026 « pour toutes zones » et pour un horaire hebdomadaire de 39 heures (Avenant n° 78 du 19-1-2026 art. 1er). Il fixe notamment les minima suivants :

  • coefficients 60, 70 et 80 (ingénieurs et assimilés débutants, position A) : 2 356 euros, 2 740 euros et 3 036 euros ;
  • coefficients 90, 100 et 108 (position B) : 3 353 euros, 3 622 euros et 3 827 euros ;
  • coefficients 130 et 162 (position C) : 4 411 euros et 5 472 euros.

Ces montants sont mensuels : l’avenant n° 1 du 11 décembre 2012 relatif au forfait en jours des cadres du bâtiment indique que la base horaire de référence du barème minimum des cadres est établie sur 169 heures mensuelles (Avenant n° 1 du 11-12-2012 préambule). Selon Légifrance, l’avenant n° 78 n’est pas étendu : signé par la seule FFB du côté patronal, il ne s’impose qu’aux entreprises qui en sont adhérentes (C. trav. art. L. 2262-1).

Pour les autres entreprises, auxquelles la convention des cadres du bâtiment ne s’impose pas, la détermination d’un minimum conventionnel applicable aux cadres est délicate et dépend du texte étendu qui leur est opposable. Le Smic reste en toute hypothèse un plancher.

Xavier Berjot, avocat associé, Cabinet SANCY Avocats. État du droit au 7 novembre 2026.

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