Les ressources de l’employeur du cabinet dentaire

Actualités sociales, calendrier des échéances, lexique et questions fréquentes du chirurgien-dentiste employeur relevant de la convention IDCC 1619.
Façade d’immeuble haussmannien à Paris : les ressources de l’employeur du cabinet dentaire
Le chirurgien-dentiste employeur doit suivre des règles qui évoluent vite, entre les accords de branche, les revalorisations du salaire minimum et les réformes du Code de la santé publique. Cinq pages pratiques réunissent les informations utiles au quotidien. Elles présentent les actualités datées, les échéances à respecter, le vocabulaire propre au secteur et les questions qui reviennent le plus souvent. Une dernière page décrit l’accompagnement proposé aux cabinets dentaires employeurs.

1. Les actualités de 2025 et 2026

La convention collective nationale des cabinets dentaires du 17 janvier 1992 (IDCC 1619), conclue entre la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) et des organisations syndicales de salariés, et étendue par arrêté du 2 avril 1992, a connu plusieurs modifications récentes. Elles ont un effet direct sur la paie et sur les contrats en cours :

  • la grille de l’accord du 12 février 2026 relatif aux salaires au 1er janvier 2026, étendue par arrêté du 15 juillet 2026 sous réserve du salaire minimum légal, s’impose aux cabinets non adhérents d’une organisation signataire depuis le 24 juillet 2026, lendemain de la publication de l’arrêté au Journal officiel (Arrêté du 15-7-2026 art. 1er) ;
  • depuis le 1er juin 2026, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est de 12,31 euros de l’heure, de sorte que le taux de 12,02 euros prévu pour le personnel d’entretien et le réceptionniste lui est inférieur et que le Smic s’applique à ces postes (Arrêté du 22-5-2026 art. 1er ; Accord du 12-2-2026 annexe) ;
  • l’avenant du 11 décembre 2025 supprime la prime de secrétariat, alors que la grille de l’accord du 12 février 2026 en mentionne encore une de 205 euros, discordance qu’aucun texte lu ne règle (Avenant du 11-12-2025 art. 1er à 3) ;
  • la contribution patronale sur l’indemnité de rupture conventionnelle et de mise à la retraite est de 40 % depuis le 31 décembre 2025 (CSS art. L. 137-12).

Le détail des montants figure dans les salaires minima des cabinets dentaires. La jurisprudence récente intéresse aussi le secteur. La Cour de cassation a jugé que le conjoint qui exerce de manière régulière une activité professionnelle dans l’entreprise libérale peut opter pour le statut de conjoint salarié, sans qu’un lien de subordination soit exigé, même lorsque le chirurgien-dentiste exerce en société (Cass. soc. 25-3-2026, n° 24-22.660, publié au Bulletin).

En revanche, l’arrêt rendu le 7 janvier 2026 sur la convention applicable à un ancien centre dentaire est une cassation pour manque de base légale, avec renvoi devant la cour d’appel de Nîmes autrement composée : il impose de rechercher l’activité principale de l’employeur, sans trancher la convention applicable (Cass. soc. 7-1-2026, n° 24-17.208, non publié au Bulletin). Les actualités sociales des cabinets dentaires reprennent ces textes et ces décisions, avec leur portée.

2. Les échéances de l’année et de la vie du contrat

Plusieurs délais reviennent dans la gestion courante du personnel :

  • les contrats et avenants conclus avec un chirurgien-dentiste et ayant pour objet l’exercice de la profession sont communiqués au conseil départemental de l’Ordre dans le mois qui suit leur conclusion (CSP art. L. 4113-9) ;
  • la formation des salariés exposés aux rayonnements ionisants est renouvelée au moins tous les 3 ans (C. trav. art. R. 4451-59) ;
  • aucun fait fautif ne peut à lui seul donner lieu à des poursuites disciplinaires au-delà de 2 mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance (C. trav. art. L. 1332-4) ;
  • chaque partie à une rupture conventionnelle dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter à compter de la signature (C. trav. art. L. 1237-13).

D’autres échéances dépendent de la taille du cabinet. La mise en place du comité social et économique (CSE) n’est obligatoire que si l’effectif d’au moins 11 salariés est atteint pendant 12 mois consécutifs (C. trav. art. L. 2311-2). Le contrôle de l’union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) est précédé d’un avis adressé au moins 30 jours avant la première visite (CSS art. R. 243-59).

Le calendrier social du cabinet dentaire classe ces délais par thème, chacun avec sa référence.

3. Le vocabulaire du cabinet dentaire

Plusieurs termes courants dans le cabinet ont un sens juridique précis. L’assistant dentaire exerce une profession de santé, qui consiste « à assister le chirurgien-dentiste ou le médecin exerçant dans le champ de la chirurgie dentaire dans son activité professionnelle, sous sa responsabilité et son contrôle effectif » (CSP art. L. 4393-8). La convention le désigne comme « seul autorisé à seconder le chirurgien-dentiste dans l’aide opératoire au fauteuil », ce qui le distingue de l’aide dentaire (CCN cabinets dentaires annexe I).

Le collaborateur libéral est le membre non salarié d’une profession libérale réglementée qui exerce la même profession auprès d’un autre professionnel, « en toute indépendance, sans lien de subordination » (Loi 2005-882 du 2-8-2005 art. 18). Le chirurgien-dentiste salarié d’un praticien libéral est, pour sa part, exclu de la convention collective (CCN cabinets dentaires art. 1.1).

La société civile de moyens (SCM) permet à des praticiens de mettre en commun des locaux, du matériel ou du personnel, sans exercer elle-même l’art dentaire. Enfin, les mentions complémentaires valorisent certaines compétences de l’assistant ou de l’aide dentaire : 220 euros brut par mois pour la mention administrative et 215 euros pour chacune des mentions cliniques, dues lorsque le salarié met en œuvre les compétences correspondantes au cabinet (Accord du 5-12-2024 art. 2 à 5).

Le lexique social du cabinet dentaire définit ces notions et les autres termes utiles, avec leur référence.

4. Les questions fréquentes et l’accompagnement

Certaines difficultés reviennent régulièrement chez les chirurgiens-dentistes employeurs : le taux horaire à verser à une réceptionniste, le choix entre un confrère salarié et un collaborateur libéral, l’indemnité due à une assistante licenciée ou le sort des salariés lors de la vente du cabinet. Le calcul de l’indemnité de licenciement en offre un exemple, la convention n’étant plus favorable que la loi que dans trois fenêtres étroites d’ancienneté, ce que détaillent le préavis et l’indemnité de licenciement.

Les questions fréquentes des cabinets dentaires y répondent en quelques phrases, réserves comprises, avec les références utiles. L’accompagnement des cabinets dentaires présente, thème par thème, le conseil et la défense proposés aux employeurs du secteur.

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Xavier Berjot, avocat associé, Cabinet SANCY Avocats. État du droit au 1er novembre 2026.

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